
Oui...c'est gentil de t'abonner, mais le but n'est pas de diffuser le livre sur ce fil, le but c'est de trouver un éditeur
Bon allez.....je mets quand même la première page du livre :
"Prologue – Avant l’Envol (1956–1970)
Je m’appelle Christian, je suis né un 24 Décembre 1956….je suis l’ainé d’une famille de 3 frères… Nous habitions un petit HLM à Coudes, en Auvergne. Un immeuble simple, sans prétention, avec ses murs gris, ses escaliers qui sentaient la peinture fraîche et les repas du soir. Mon père travaillait à l’usine Cégédur Forgeal, à Issoire. Un homme solide, droit, taiseux, qui partait tôt le matin et rentrait tard, le visage marqué par la fatigue mais toujours prêt à sourire pour ses trois garçons.
Ma mère, elle, voyait de moins en moins. Chaque naissance avait emporté un peu de sa vue, comme si la vie lui avait demandé un prix pour nous donner la nôtre. A cause de cet handicap grandissant, elle ne travaillait pas à l'extérieur, elle s’occupait de la maison, là ou elle avait ses repères. Elle nous écoutait, nous devinait, nous surveillait autrement, avec ce sixième sens que seules les mères possèdent.
J’avais huit ans. Un âge où l’on croit que tout est possible, où l’on teste les limites, où l’on découvre le monde comme un terrain d’aventure.
Mon frère Jean Claude avait cinq ans. Et nous avions un petit frère, Philippe, qui n’avait que quelques mois.
Un matin, j’ai proposé à ma mère d’aller promener Philippe dans sa poussette, une poussette à grandes roues comme on en voyait souvent à l’époque. La voisine, en nous voyant partir, nous a confié son propre bébé, dans une autre poussette.
Je pilotais la poussette de mon petit frère Philippe. Jean Claude, du haut de ses cinq ans, poussait celle du bébé voisin. Nous étions fiers comme des coqs, deux gamins persuadés d’être responsables, sérieux, presque adultes.
Sur le chemin de la Ronzières, un chemin de terre non goudronné, l’idée nous est venue naturellement : faire une course.
Deux poussettes. Deux pilotes. Deux bébés. Et une ligne droite pleine de cailloux, de bosses et de poussière.
Nous avons commencé à courir, à zigzaguer, à faire des dérapages comme si nous conduisions des voitures de rallye. Les poussettes sautaient, glissaient, tanguait sur les ornières.
Ce qui devait arriver… arriva.
Un virage trop serré. Une roue qui accroche. Un dérapage incontrôlé.
Et je me suis retrouvé dans le fossé.
La poussette a basculé. Mon petit frère Philippe a littéralement volé dans les buissons. Un petit corps projeté dans les branches, un cri, puis le silence.
Jean Claude s’est arrêté net. Moi, j’ai senti mon cœur s’arrêter. On a récupéré Philippe, un peu secoué, mais vivant. La poussette, elle, était tordue comme un vieux vélo cabossé. Nous sommes rentrés à la maison, tout penauds, les yeux baissés, les poussettes cabossées comme preuves de notre bêtise. Quand ma mère a compris ce qui s’était passé, elle n’a pas crié. Elle m’a attrapé sous son bras, comme on attrape un chat qui a fait une bêtise, et elle m’a donné une fessée phénoménale. Une vraie. Une de celles qu’on n’oublie pas. Je me débattais.… Et je suis tombé, la tête en avant, sur le goudron.
Le choc a été violent. Le sang a coulé. Et le bilan : une grosse cicatrice sur le haut du front. Une cicatrice que j’ai toujours, à 70 ans.
Cette bêtise, c’était la première…… La première vraie. Celle qui reste. Celle qui dit déjà qui j’étais : un gamin curieux, audacieux, imprudent, mais vivant"