08-29-2025, 12:08 AM
(Modification du message : 08-29-2025, 12:23 AM par orfeo_monteverdi.)
Le "restaurant audiophile" Altitude, à Bruxelles (photos ci-dessous), semble reprendre un concept initialement japonais: les kissaten.
Sur ce forum, LE fil sur les kissaten est ici (merci Rastabill !).
Qu'est-ce que les kissaten?
Je vous résume de tête un reportage lu il y a quelques mois par un envoyé de Stereophile (Brilliant Corners #23: Japanese Kissaten) en visite dans divers kissaten au Japon (hors-Tokyo):
Apparus au Japon dans l'après-guerre, les kissaten (ou kissa) étaient plutôt des bars que des restaurants: ce que nous appelons aujourd'hui un "système" y était installé, et c'était lui l'attraction principale, non la socialisation possible qu'on aurait trouvée dans le lieu. Les "systèmes" de l'époque étaient nécessairement composés d'encombrantes enceintes à pavillons et d'amplificateur à tubes car la miniaturisation dans l'électronique n'existait pas encore (et le transistor non plus).
Dans le Japon économiquement laminé suite à la guerre, on se rendait dans les kissa pour y écouter de la musique (classique, ou jazz; les kissa étaient d'une certaine façon spécialisés dans un type de musique) sur ce qui constituait toutefois la première étape de "miniaturisation" (tout est realtif) des gigantesques installation dont les cinémas étaient équipés. Et ces premiers systèmes "domestiques" étaient les premiers à pouvoir se loger dans une habitation. Mais dans le Japon de l'après-guerre, presque personne n'a les moyens d'en être équipés à domicile. Les kissaten permettaient ainsi, en mutualisant les ressources, de faire découvrir ces nouveaux systèmes de reproduction sonore à un public intrigué et plus ou moins impécunieux.
[note perso: de là serait donc historiquement venue l’importance que les Japonais accordent à la reproduction sonore de qualité?]
Aujourd'hui encore, dans les kissa au Japon, un quasi-silence est de mise. On ne peut y parler qu'à voix basse, sinon, un courtois rappel à l'ordre est immédiat. Le"maître", propriétaire du lieux et des milliers de vinyles constituant la collection, daigne passer les morceaux que les clients lui demandent en lui faisant passer leurs desiderata par une petite note écrite.
Le marketing contemporain occidental s'est emparé de la chose, et des restaurants ou bars "audiophiles" ont fleuri dans certaines villes, aux États-Unis. Des observateurs audiophiles américains disent toutefois douter que le public occidental soit suffisamment discipliné pour respecter les consignes de calme, même relatif, qui est au principe même d'une kissa, et redoutent un brouhaha dû à une surenchère (clients vs haut-parleurs vs autres clients). Ils semblent conclure que le concept d'une kissaten authentique est en réalité inexportable.
D'autre part, un reportage, mentionné au début de ce fil, sur les kissaten de Tokyo, long et agrémenté de belles photos ((une auto-référence, pour les visiteurs qu'un autre de mes posts va sans doute amener ici)
Inside Tokyo's audiophile venues Visez les photos !
À Hong-Kog, un kissaten "de luxe" (mentionné sur le forum aussi d'ailleurs):
The Music Room
Le "restaurant audiophile" Altitude, à Bruxelles, que j'imagine très bruyant, fait presque pâle figure à côté:
![[Image: Capture-d-cran-2025-04-17-22-55-06.png]](https://i.ibb.co/pjBSC7Qv/Capture-d-cran-2025-04-17-22-55-06.png)
Sur ce forum, LE fil sur les kissaten est ici (merci Rastabill !).
Qu'est-ce que les kissaten?
Je vous résume de tête un reportage lu il y a quelques mois par un envoyé de Stereophile (Brilliant Corners #23: Japanese Kissaten) en visite dans divers kissaten au Japon (hors-Tokyo):
Apparus au Japon dans l'après-guerre, les kissaten (ou kissa) étaient plutôt des bars que des restaurants: ce que nous appelons aujourd'hui un "système" y était installé, et c'était lui l'attraction principale, non la socialisation possible qu'on aurait trouvée dans le lieu. Les "systèmes" de l'époque étaient nécessairement composés d'encombrantes enceintes à pavillons et d'amplificateur à tubes car la miniaturisation dans l'électronique n'existait pas encore (et le transistor non plus).
Dans le Japon économiquement laminé suite à la guerre, on se rendait dans les kissa pour y écouter de la musique (classique, ou jazz; les kissa étaient d'une certaine façon spécialisés dans un type de musique) sur ce qui constituait toutefois la première étape de "miniaturisation" (tout est realtif) des gigantesques installation dont les cinémas étaient équipés. Et ces premiers systèmes "domestiques" étaient les premiers à pouvoir se loger dans une habitation. Mais dans le Japon de l'après-guerre, presque personne n'a les moyens d'en être équipés à domicile. Les kissaten permettaient ainsi, en mutualisant les ressources, de faire découvrir ces nouveaux systèmes de reproduction sonore à un public intrigué et plus ou moins impécunieux.
[note perso: de là serait donc historiquement venue l’importance que les Japonais accordent à la reproduction sonore de qualité?]
Aujourd'hui encore, dans les kissa au Japon, un quasi-silence est de mise. On ne peut y parler qu'à voix basse, sinon, un courtois rappel à l'ordre est immédiat. Le"maître", propriétaire du lieux et des milliers de vinyles constituant la collection, daigne passer les morceaux que les clients lui demandent en lui faisant passer leurs desiderata par une petite note écrite.
Le marketing contemporain occidental s'est emparé de la chose, et des restaurants ou bars "audiophiles" ont fleuri dans certaines villes, aux États-Unis. Des observateurs audiophiles américains disent toutefois douter que le public occidental soit suffisamment discipliné pour respecter les consignes de calme, même relatif, qui est au principe même d'une kissa, et redoutent un brouhaha dû à une surenchère (clients vs haut-parleurs vs autres clients). Ils semblent conclure que le concept d'une kissaten authentique est en réalité inexportable.
D'autre part, un reportage, mentionné au début de ce fil, sur les kissaten de Tokyo, long et agrémenté de belles photos ((une auto-référence, pour les visiteurs qu'un autre de mes posts va sans doute amener ici)
Inside Tokyo's audiophile venues Visez les photos !
À Hong-Kog, un kissaten "de luxe" (mentionné sur le forum aussi d'ailleurs):
The Music Room
Le "restaurant audiophile" Altitude, à Bruxelles, que j'imagine très bruyant, fait presque pâle figure à côté:
![[Image: Capture-d-cran-2025-04-17-22-55-06.png]](https://i.ibb.co/pjBSC7Qv/Capture-d-cran-2025-04-17-22-55-06.png)
![[Image: Capture-d-cran-2025-04-17-22-55-44.png]](https://i.ibb.co/fYpC1ScB/Capture-d-cran-2025-04-17-22-55-44.png)
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